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MOSLEY N'EST PAS UN SAINT
Il est 22h en cette douce nuit de février, Max Mosley quitte son bureau où il a travaillé dans la gomme Bridgestone et le champagne Mumm pendant une journée entière. Oui, vous l’aurez compris Max avant d’être un homme, est une machine redoutable qui travaille presque jour et nuit pour donner à l’auto le meilleur. Le meilleur des Champagne notamment, mais là n’est pas mon propos. Une bête comme ça, il n’y a pas de mystère, marche au sans plomb. Et pourtant, cet oiseau des circuits en a dans l’aile ces derniers temps. Tant et si bien que toute la basse court réclame son envole. Et si jamais l’aigle céleste qu’était Mosley se retrouve poulet mal équipé pour voler, nul doute que ses détracteurs sauront le catapulter hors des enceintes bien gardée du sport auto. Comme quoi ces gallinacés autrefois seulement bon à jaqueter dans le dos du roi, sont aujourd’hui autant de vautours venus effectuer une danse macabre autour du corps décrépit d’un roi maudit. Il faut dire que Mosley s’est trouvé acteur d’un fait divers qu’on aurait pu lire dans Max. Certains soirs, quand ses pulsions les plus inavouables s’érigeaient en maître de son corps, qua sa raison prenait la clé des champs, il se mettait en route et en rut pour le coup, vers des chicanes de plaisirs, des épingles de perversions, des lignes droites de masochisme. Non mesdames et messieurs, Max n’est pourtant pas un personnage de fiction, mais bel et bien le patron de la Fédération Internationale d’automobile. Sans casque ni gants, sans règles ni jugements, certains soirs Max n’était plus qu’un cheval cabré prêt à s’élancer vers la face sombre du plaisir. Ce toro rosso dopé au red bull quittait la compagnie virile mais correcte de ses amis patrons du sport auto pour s’offrir un remake d’Eyes Wide Shut en plus trash et plus glauque. Déguisé en officier nazi, Mosley devenait ainsi l’effroyable geôlier de jeunes filles fougueuses. Inutile de préciser dès lors, que ces filles de joies jouaient les apprenties Primo Levi. Libérant ses pulsions les plus immondes, le voilà qui fouettait, haranguait et provoquait la chaire encore fraiche de demoiselles un peu trop à l’étroit dans leur costume de victime de la Shoa. Au petit matin, le corps humide des fausses exactions de la veille, Max le petit nazi minable redevenait Mosley le boss. Ainsi allait la vie tranquille, de Max Mosley. Une vie empreinte de la fureur des tarmacs, marquée aussi par la gomme des désirs assouvis. La vie de Max Mosley est en quelque sorte un circuit sur lequel on peu lire les moindres sorties de piste, les moindres têtes a queue, le plus petit écart de conduite. Mosley pilote le jour mais piloté la nuit, flamboyant au départ mais hors piste dans les recoins sombres du circuit de sa vie. Alors que doit-on penser de cette histoire ? Mosley est un sombre con, surement, oh non, pas vis-à-vis de ce qu’il a fait à proprement parler. D’ailleurs, entre les murs de sa chambre, le boss de la FIA a comme tout homme droit à l’intimité. Mais avouez que quand on est aussi célèbre, on ne se trimballe pas la croupe offerte aux quatre vents, en train de fouetter une chatte de salon, le tout face, ou plutôt fesse, camera. Non vraiment, un minimum de pudeur, et d’intelligence s’il vous plait. Ceci est aussi un avertissement pour tous les hommes riches et ouverts au monde : une vie de couple aux côtés d’une blondasse frigide en décomposition attise le feu de l’appétit sexuel qui peut, on le voit bien ici, embraser les fôrets les plus vierges d’un feu rouge et noir. Ce rouge fureur, ce rouge de honte aussi qui s’agite et s’empoigne avec la noirceur d’âme d’un homme aux racines pas tout à fait claires ! Papa Mosley était un proche d’Adolf Hitler… Oui, notre excité de service ne voyait surement plus clair lorsqu’il s’adonnait au plaisir charnel… Un espoir cependant subsiste en moi : qui sait, avec cette affaire, ce Mosley perdu dans un labyrinthe de débauche trouvera peut être bientôt le trou… de la serrure.
Simon RUBEN, le 5 avril 2008